Esprit est-tu là ?


EVERY GREAT MAN NOWADAYS HAS HIS DISCIPLES, BUT IT IS ALWAYS JUDAS WHO WRITES THE BIOGRAPHY - OSCAR WILDE.






jeudi 15 juillet 2010

DEUX JOURS A PARIS


Bonjour à tous,

De passage à Paris au mitant de ce mois, deux jours entre canicule et préparation des cérémonies du 14 juillet pour visiter Lucian et entendre Anton.
Le premier Lucian Freud s'expose à Beaubourg juqu'au 19 juillet.
Une vingtaine de toiles superbes et magnifiques ordonnées selon quatre catégories : interior-exterior, self-portrait (reflection), on painting et flesh.











Lucian Freud est un génie. Et un génie vivant. Dieu que sa peinture est extraordinaire. De lui je connaissais surtout les nus de son atelier ainsi que ses autoportraits (reflection) mais j'ai pu constater que le peintre anglais maîtriser, aussi, parfaitement l'art du paysage. Quelle claque j'ai reçu en voyant "le jardin du peintre", une composition fabuleuse de la perspective, de la lumière et de la couleur, et que dire de ses "boutons d'or" Ouaaaahhhh !!!!!! ; sans parler de son hommage aux peintres Cézanne et Chardin. Peu de chassis exposés mais un pur bonheur pour les yeux.

Le second Anton Tchekhov dont la pièce "Les trois soeurs" est donnée actuellement à la Comédie Française.

Il n'y a pas d'histoires principales dans cette pièce, ce qui fait l'action se sont les évenements qui viennent bouleverser la vie de chacun des personnages. Les heurs et malheurs mis bout à bout forment un tout, comme ses photos que l'on fait l'été autour de la table familiale, et que l'on ressort plusieurs mois après en constatant combien la vie de chacun a pu changé.

Cela a l'air austère comme ça et l'on a tort car on rit beaucoup (au départ Tchekhov pensait avoir écrit une comédie, c'est en la voyant joué qu'il se rendit compte du caractère dramatique des ses personnages).

Une des plus belles troupes de comédiens actuellement au Français ici à son meilleur dans une pièce où la désespérance doucement et par petites touches se glisse dans chacun des personnages de la maisonnée et "les certitudes se sont transformées en suppositions, l'avenir ne s'envisage plus qu'au conditionnel, mais le présent réclame de vivre, c'est là que s'achève les trois soeurs au seuil d'une vie à recommencer."


Du théâtre à voir ABSOLUMENT !!!!!!


Lucian Freud à Beaubourg jusqu'au 19 juillet
"Les trois soeurs" de A. Tchekhov en alternance à la Comedie Française (salle Richelieu)


mercredi 14 juillet 2010

RUPTURES


Bonjour à tous,

Voilà un livre merveilleux, comme il ne s'en écrit presque plus, où "chacune de ces histoires, gaies ou tristes, est racontée sans élever la voix".

C'est ce qui fait le charme de ce recueil de 10 nouvelles écrites dans une langue douce et pleine de délicatesse. Ici les femmes ont les lèvres très rouges, dessinées au pinceaules maisons sont peu confortables mais le jardin est anglais avec allées ombragées. Le vicomte a un passé trouble mais on recherche un mari convenable avec famille honorable. Les gestes sont charmants et l'on fait un mot d'introduction afin de vous recommander à un ami susceptible de vous donner un travail...

Chacun des personnages prend acte de son destin, sans cri ni fureur, et tel un ange-gardien la musique et la littérature ne sont jamais loin d'eux Debussy et Beethoven, La Böetie et Montaigne, Flaubert, Valery, H. James, Melville... où l'on peut être séparés mais jamais tout à fait seuls.


Le temps des séparations - Roger Grenier - Gallimard 149 pages

jeudi 1 juillet 2010

C' EST LA OUATE



C'est un beau bébé qui vient d'avoir 1 an. Il s'appelle "That makes wonders", il est tenu par la sympathique et charmante A. Pour les curieux c'est par ici.

Chère A., pour ce 1er anniversaire je voulais vous adresser une belle citation, genre Lamartine ou Stendhal, c'est Woody Allen qui aura le dernier mot : "J'ai pris un cours de lecture rapide et j'ai pu lire "Guerre et Paix" en vingt minutes. Ca parle de la Russie."

Bonne anniversaire That makes wonders.

@aquarelle "Paris" par Raoul Dufy

dimanche 20 juin 2010

LA SOURICIERE




" L'assassin s'amuse beaucoup..."

"La Souricière", devenu depuis "Trois souris...", est à l'origine une pièce de théâtre de Agatha Christie qui n'a jamais quitté l'affiche depuis sa création en 1952.

Monkswell Manor est une pension de famille récemment ouverte par Molly et Giles Davis, un couple de jeunes mariés. Leurs premiers clients Mrs Boyle, Mr Wren et le major Metcalf doivent arrivés dans la soirée. Il neige abondamment, et bientôt la maison sera totalement isolée du reste du monde. La souricière sera alors en place et rien, pas même la venue du sergent Trotter missionné par son chef le superintendant Hogben, ne pourra empêcher le piège de se refermer sur les occupants de la pension de Harpleden, Berkshire : "quelqu'un va se faire assassiner ici ..."

"Trois souris..." est un huis-clos réussi et un texte formidable d'à peine 125 pages. On est plongé immédiatement dans l'atmosphère silencieuse et ouatée d'une maison enfouie par la neige et le caractère des personnages est parfaitement retranscrit : la fébrilité de Molly Davis, l'ombrageux Giles Davis, l' insupportable (tendance casse-pieds, et je reste polie !) Mrs Boyle, le précieux Mr Wren, , le réservé Major Metcalf et l'inquiétant sergent Trotter.

" J'ai toujours été d'avis qu'il fallait garder les explications pour la fin... pour ce divin dernier chapitre, toujours si palpitant !" semble nous confier l'auteur par le truchement d'un des personnages et ce n'est pas ici que nous dirons le contraire.


"Trois souris..." - A. Christie - ed° Le livre de poche

samedi 19 juin 2010

SABINE EST OLIVIA












Si "Olivia Sturgess" de Floc'h et Rivière devait être un jour porté à l'écran Sabine Azema en serait l' interprète idéale, n'est-ce pas ?


@ Sabine Azema pour Studio Harcourt
@@ O. Sturgess & F. Albany par Floc'h et Rivière (Dargaud Ed°)

jeudi 17 juin 2010

HALLOWEEN, UNE TRAGEDIE GRECQUE


Quatrième de couverture : Le 31 octobre, les sorcières s'envolent sur leur manche à balai : c'est Halloween, la fête du potiron. "Savez-vous que j'ai eu l'occasion d'assister à un vrai meurtre ?" se vante une fillette à la langue bien pendue, lors d'une soirée enfantine chez Mme Drake... Elle en mourra.
Hercule Poirot mène l'enquête à la demande de Ariadne Oliver, son amie. La police n'avance guère et les petites cellules grises de notre cher détective belge ne seront pas de trop dans cette affaire. Le soutien policier sera assuré par le superintendant Spence (policier qui demanda de l'aide à HP dans "Mme MacGinty is dead").
Même si l'enquête traîne un peu en longueur (beaucoup de personnages qui tous intérrogés par HP ont leur idée à propos du meurtrier et malheureusement pour nous lecteur c'est la même : un fou échappé de l'asile qui aura profité du libre accès de la maison pour assouvir ses pulsions, d'où un effet de répétition qui si il n'était pas lassant friserait le running gag..) la résolution de l'énigme calquée sur la mythologie grecque emporte le tout et nous fait pardonner à l'auteur ses longueurs et ses répétitons*.
Au passage Dame Agatha par le biais de Ariadne Oliver règle quelques comptes : " je déteste qu'on me dise ça. Les gens n'arrêtent pas de le répéter, et ce n'est pas vrai. Non, les gens que je rencontre, les gens que je connais, je ne les mets pas dans mes romans...". Et nous donne des nouvelles de Miss Bulstrode de Meadowbank (directrice de l'école dans "Cat among pigeons").
"Le crime d'Halloween" est dédié à P.G Woodehouse.
*notamment avec l'expression "de nos jours" et de ses variantes : de mon temps, à mon époque, aujourd'hui, par les temps qui courent... qui apparaît quasiment à toutes les pages et dans la bouche de tous les personnages (même des plus jeunes).

vendredi 11 juin 2010

ANNA ET SES SOEURS




Pour celles et ceux qui sont, comme moi, membres du club France Loisirs, vous avez eu la chance de recevoir gratuitement avec votre dernier achat une nouvelle inédite signée Anna Gavalda.

Son titre : Désordre et sentiments.

Ce court récit de 71 pages est une fantaisie dédiée "à tous les coeurs vivants" et rend hommage à la relation complice qui unit deux soeurs. Ici Alice et Lili.

Alice est la narratrice de cette histoire et Lili intervient quand sa soeur aînée s'égare dans le récit. Tout le long on y croise : un poivrot qui pue, une devise familiale (que dis-je un étandard, un cri de ralliement : Seigneur un jour, Seigneur toujours), un coucou tendre et affectueux à Jane Austen et ses héroïnes, des tracas qui polluent la vie, genre : les sangsues du boulot, des ados mollassons, ou encore la difficile digestion de la paëlla dominicale et familiale, une pichennette à S.J Parker et ses copines et au Casanova des capsules à trous, des ex pittoresques et un mari bienveillant, une charcuterie mitoyenne à un détaillant de fringues haut de gamme (trop la classe !), l'article 322-1 (peut toujours servir celui-là. Nan, je blague), un policier avé l'assent, et un policier sans accent.

J'espère vivement que -comme pour l'échappée belle- cette délicieuse nouvelle sera un jour éditée pour le plaisir du plus grand nombre car les livres de la belle Anna devraient être rendus obligatoires par la SECU et disponibles dans toutes les bonnes pharmacies. Alors, ordonnance à volonté !